Motos classiques : une Magni Sfida 1000 restaurée au Japon
Peut-être que le nom d'Arturo Magni ne vous évoque rien ? Pourtant, il est étroitement lié au monde de la moto et plus particulièrement à celui de la compétition.
C'est en 1947 qu'Arturo commence sa carrière chez Gilera en tant qu'ingénieur mécanicien où il travaille alors au département compétition sous la responsabilité de Piero Remor.
En 1950, il quitte Gilera pour entrer chez MV Agusta où le département « Corse » vient tout juste de voir le jour. Arturo en devient le patron et y travaillera jusqu'au retrait de la marque de la compétition, en 1977. A son actif, 75 titres de champion du monde et plus de 3 000 victoires. Le bonhomme inspire le respect, non ?
Alors, Arturo et son fils décident de monter une usine de pièces racing mais aussi de fabriquer des versions spéciales des machines de série. Les 25 années passées chez MV Agusta ont évidemment laissé quelques traces et les premières machines modifiées par Magni seront basées sur les productions de la marque de Varèse. En partant de machines de route sur lesquelles seront modifiés le cadre, l'ensemble réservoir + selle, etc., les « Magni MV » prennent la forme des « vraies » MV de course. Nous sommes alors en présence de véritables petites merveilles mécaniques.
Arturo ne va pas se limiter à la seule marque italienne pour œuvrer. Il va ainsi se lancer dans des répliques de Honda Bol d'Or (la MH 1 et la MH 2 dont on ne compte que 300 exemplaires au monde), puis il s'attaque au Flat Twin 1000 cm3 de BMW pour produire les MB 1 et MB 2, cette dernière étant dotée de quasiment tous les équipements « racing » disponibles à l'époque.
En 1985, Magni « replonge » du côté italien en signant un accord avec Moto Guzzi pour la fourniture de mécaniques. Le tout premier modèle est basé sur la Le Mans à laquelle il greffe - entre autres - un système de suspension arrière de sa conception, le « parallelogrammo ». Comme son nom l'indique, le système s'appuie sur le principe du parallélogramme déformable pour assurer la suspension arrière mais aussi et surtout pour supprimer un effet que beaucoup de propriétaires de moto à transmission finale par cardan connaissent, celui de l'arrière qui se soulève à l'accélération. Sans les citer, nous vous laissons deviner quels constructeurs se sont par la suite inspirés de ce système pour leurs productions...
Nous retrouvons logiquement ce parallelogrammo sur la Magni Sfida 1000 que nous vous présentons aujourd'hui. Cette machine, née en 1989, a été dessinée pour ressembler aux machines de course italiennes des années 60.
L'exemplaire que nous vous présentons aujourd'hui vient de faire l'objet d'une restauration complète et minutieuse réalisée par la société Ritmo Sereno. Si vous parlez le japonais, vous pourrez suivre tous les détails de cette restauration en parcourant leur site et y découvrir 1001 autres trésors.



