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mis en ligne le : samedi 28 février 2009

Match des références deux contre 4 temps ! Yamaha YZF 125 R contre Aprilia RS 125

Texte : Thomas | Photos : Gwendal
Dès sa présentation officielle à la presse en février 2008, il était clair que la nouvelle Yamaha YZF-R surclasserait les autres sportives 125 4-temps de la production actuelle. Alors, pour lui corser un peu la tâche et vraiment voir ce qu’elle a dans le ventre, nous avons décidé de la confronter à l’une des dernières sportives 125 2-temps ave l’Aprilia RS… Là, elle va moins faire la maline l’YZF !
Bien évidemment, nous avons conscience de vous proposer ici un duel un peu décalé. Certes, il oppose deux motos sportives, mais leur différence de tarif est pour le moins substantielle : 1600 € ! Par ailleurs, nous avons ici affaire à deux motorisations bien différentes : un quatre-temps performant chez Yamaha (15 chevaux, soit le maxi autorisé pour être conduit avec un permis auto), contre un deux-temps au rendement extraordinaire sur l’Aprilia (plus de 30 chevaux en version libre, puissance ramenée à 15 chevaux pour se plier à la législation). C’est une première explication à l’écart de prix, à laquelle il faut rajouter la volonté délibérée de Yamaha de proposer une routière sportive relativement abordable, dont la partie-cycle est déjà bien affûtée, mais qui n’a pas grand-chose à voir avec l’orientation racing d’une Aprilia RS, qui reste une moto de course adaptée à la route.
Il nous a toutefois semblé intéressant d’opposer ces deux motos. Tout d’abord pour juger du potentiel réel de l’YZF-R face à celle qui demeure l’ultime référence du sport en 125 cm3, ensuite pour mettre l’accent sur les implications réelles de l’achat de l’un des ultimes moteurs deux-temps de la production actuelle.

Séance contemplation

Impossible de prendre la route sans avoir au préalable, et longuement, détaillé nos montures. Elles accrochent l’œil aussi sûrement que le feraient des sportives 600 ou 1000 cm3. Et pour cause : elles leur ressemblent comme deux gouttes d’eau. La Yamaha est calquée sur ses grandes sœurs 600 R6 et 1000 R1, alors que cette dernière version de l’Aprilia RS est nettement inspirée de la RSV 1000. Rajoutez à cela des coloris “flashy” (jaune pour l’YZF, réplica “Spain’s n°1” de GP 125 pour la RS) et les badauds accourent… A priori, ils passeront plus de temps à reluquer la RS, il est vrai particulièrement tape-à-l’œil avec son cadre en aluminium poli, brillant comme un miroir, ses superbes jantes alu couleur bleu électrique, son énorme étrier de frein radial, sa fourche inversée, son té de fourche ajouré en alu…
A ses côtés, la Yamaha n’affiche pas le même niveau de raffinement, mais elle se montre tout de même sacrément bien équipée pour une 125. Assemblée en France, cette moto vise la performance tout en restant dans des limites de coût raisonnables. Sans oublier que son moteur délivre 15 ch maxi, contrairement à l’aprilia dont la partie cycle est censée en encaisser 15 de plus ! L’YZF est dotée de belles pièces, comme son cadre acier Deltabox, mais la fourche reste de type classique, tout comme l’étrier de frein avant… Au final, c’est surtout la pureté des lignes de son carénage qui retient l’attention.
Avant de décoller, un rapide coup d’œil aux aspects pratiques pour constater rapidement qu’ils sont totalement passés à la trappe. Tout juste peut-on caser un antivol bloque-disque sous les selles passager, ces dernières étant là uniquement pour un transport de dépannage sur quelques kilomètres. Que les choses soient claires : ces deux motos sont conçues pour le plaisir de pilotage en égoïste et n’ont rien du deux-roues utilitaire !

Ambiance racing

Dès l’installation aux commandes, le ton est donné : on est là pour rouler vite, pas pour musarder tranquillos ! Les positions de conduite sont très typées sport, buste basculé vers l’avant, en appui sur les poignets, nuque cassée pour regarder au loin. Etonnamment, la RS se montre moins contraignante que l’YZF : non pas que ses demi-guidons soient plus hauts, mais sa selle est plus basse, ce qui aboutit à moins solliciter les poignets du pilote, en plus de faciliter l’accès aux pilotes de petits gabarits. Attention, si ces positions de conduite peuvent dérouter au début, on s’y habitue finalement assez vite et elles peuvent même se révéler confortables sur longues distances, dans la mesure où le poids du corps est bien réparti entre les bras, les jambes et les fesses. L’ergonomie est irréprochable sur les deux machines, même pour un pilote d’1m80. Finalement, le seul problème en ville découle de leur rayon de braquage très limité qui complique les manœuvres au ralenti ou les demi-tours, car pour le reste, elles se montrent particulièrement agiles dans la circulation.
N’allez pas pour autant croire qu’elles se destinent à des débutants : cette position de conduite et cette répartition des masses très axée sur l’avant nécessitent tout de même une certaine expérience pour être appréhendées sereinement.
Dès les premières enfilades de virages, en passant d’un guidon à l’autre, le fossé qui sépare l’YZF et la RS apparaît… Rigoureuse à souhait, la Yamaha se montre un poil réticente à inscrire sur l’angle, mais elle affiche ensuite une stabilité très rassurante, même à vitesse maxi. Les suspensions effectuent du bon boulot, avec une fermeté raisonnable, mais l’amortisseur arrière a parfois tendance à rebondir sur les chocs au lieu de les effacer. La fourche a également un peu de mal à encaisser les contraintes sur l’angle maxi. Cela dit, le comportement de l’YZF est quasiment sans égal dans la production sportive 125 4-temps du moment (Honda CBR mise à part).
Mais passer dans les mêmes courbes au guidon de la RS vous ouvre les portes d’un autre monde, qui permet d’entrevoir le potentiel d’une moto de course ! L’inscription en courbe s’effectue avec un naturel déconcertant, puis la machine est littéralement scotchée au sol, les suspensions effaçant les aspérités avec une efficacité incroyable. Tout est doux, facile, ce qui pousse à passer de plus en plus vite, à mettre de plus en plus d’angle, à solliciter de plus en plus les excellents Dunlop Sportmax sans qu’aucune limite ne semble apparaître. Le feeling du train avant est tout bonnement hallucinant. Au guidon de la RS, n’importe qui peut se prendre pour un pilote, tant elle vous facilite les choses.
Même fossé en ce qui concerne le freinage. Très bien équipée, la Yamaha permet à son pilote de freiner avec deux doigts, même très fort, tout en bénéficiant d’un excellent feeling, d’une puissance copieuse et d’une progressivité rassurante. La RS fait la même chose, en deux fois plus puissant, avec un feeling encore meilleur et avec un seul doigt !
Bon, inutile d’en rajouter, vous aurez compris que, même en en restant à la partie-cycle, l’Aprilia RS justifie, en partie du moins, son tarif supérieur.

15 ch maxi ou 15 ch mini

Juste après avoir donné un coup de pouce sur les démarreurs (et tiré le starter de l’Aprilia), la sonorité des deux moteurs permet d’envisager leur différence de caractère. Le “poum-poum” du 4 soupapes Yamaha ferait presque placide face au “tsing-tsing” rageur du 2-temps Rotax, qui accompagne ses stridentes vocalises d’un joli nuage de fumée bleutée à froid. Quelques coups de gaz sur la Yamaha laissent toutefois entrevoir une belle vivacité, ce qui se confirme dès les premiers tours de roues : ce moteur monte tellement vite en régime que l’on se fait sans arrêt surprendre à rentrer dans la zone rouge et à déclencher le limiteur de régime. Il suffit de prêter attention au compte-tours pour juguler sa fougue. On découvre alors une mécanique particulièrement conciliante et facile à appréhender, idéalement souple en ville (on peut rouler à 50 km/h en 6ème !) et qui répond bien vigoureusement dès 3000 tr/min. En conduite sport, l’aiguille du compte-tours descendra rarement sous les 7000 tr/min, mais cela laisse toutefois une jolie plage exploitable, jusqu’au rupteur qui intervient à 10 500 tr/min. Les 15 chevaux sont bel et bien là et les exploiter jusqu’au dernier procure de vraies sensations de pilotage. L’YZF sait se montrer très facile, mais aussi très drôle à conduire. L’étagement de la boîte de vitesses est parfait, à tel point qu’il permet d’atteindre la vitesse maxi même en légère montée.
Totalement castré dans cette version 15 chevaux, le moteur 2-temps de l’Italienne nécessite en outre un réglage d’orfèvre pour se montrer sous son meilleur jour. C’était le cas lors de notre essai, mais l’Aprilia ne dévoile qu’une partie de son potentiel… qui lui permet déjà de tenir tête à la Yamaha sur le plan des accélérations et de la battre sur celui de la vitesse de pointe (125 km/h chrono contre 120 km/h chrono). Pour info, la RS est capable de  170 km/h en version libre ! Dans cette version 15 chevaux, elle est bien réactive dès 4000 tr/min, et moins linéaire que l’YZF, mais les démarrages sont fastidieux dans la mesure où il faut faire copieusement cirer l’embrayage pour aboutir à un résultat très moyen et risquer de le flinguer très rapidement. Le régleur de notre moto d’essai avait un peu négligé les hauts régimes et il fallait s’abstenir d’ouvrir les gaz à fond sous peine de voir le moteur ratatouiller. Tout ça pour dire que le pilote de la RS doit être constamment à l’écoute de la mécanique pour en tirer le meilleur. A cette condition, l’Aprilia est tout simplement jouissive !
Conclusion
Même comparée à ce petit bijou racing qu’est l’Aprilia RS, la nouvelle Yamaha YZF-R n’a pas à rougir ! Certes, elle n’est pas aussi affûtée en partie cycle, mais son équipement fait largement l’affaire pour s’amuser sur route, tout en maintenant un prix de vente très raisonnable. Son moteur est une pure réussite, aussi agréable en ville où il est extrêmement facile à appréhender, qu’en conduite énergique. Il est aussi particulièrement sobre, avec une conso moyenne de 3,6 l/100 km. Bref, pour les amateurs de motos sportives qui ne souhaitent pas donner dans l’extrême, la Yamaha YZF-R se pose désormais comme le choix incontournable en 125 cm3. L’Aprilia RS se destine forcément à un public plus pointu. Il faut déjà y affecter des moyens financiers plus importants, donc être un minimum passionné. Envisageable au quotidien au même titre que l’YZF, ce n’est pourtant que sur route qu’elle peut dévoiler toutes ses capacités. Ou bien, encore mieux : sur circuit, son terrain de prédilection, où vous pourrez rouler en full power en toute légalité...
Réaction(s) (3)
1 | écrit le dimanche 01 mars 2009 à 14h28 par queribus49
Je ne comprends pas ce qui se passe avec cette Yam 125, mais je trouve que la presse est bien trop complésante avec cette marque, c'est bizarre. en plus comparer un 2 temps qui a fait ces preuves avec ce 4 temps tout nouveau , bref, heureusement que l'Aprilla sort en tête de votre comparatif. L'inverse aurait été encore plus louche.
C'est vrai , elle a une belle robe (comme une R1 mais s'en est pas une), et son moteur n'est pas le meilleur 4 temps actuel.
La meilleure mécanique du moment en 4 temps 125cc, c'est incontestablement celle de la Daelim Roadsport. et aussi la plus rapide, même avec son excédent de poids (162 Kg avec le plein) il est volontaire et se manie presque comme un 2 temps. Mais voila, c'est Daelin et Coréen donc pas la classe pour certains. A quand le match objectif entre les deux, même si La Daelim est plus routière que sportive en matière de position.
2 | écrit le lundi 02 mars 2009 à 10h30 par freesk
"Deux contre 4 temps, pour quelques temps encore..."
C 'est FAUX ! Le 2T est loin d'être mort ! L'injection permet de faire des 2T moins polluant et consommant moins d'essence qu'un 4T !
Je suis bien content de voir que l'Aprilia 2T soit bien la meilleure moto de ce comparatif.
Mais la aussi, on minimise les défaut du moteur Yamaha et on pointe du doigt les défaut du Rotax 2T. Oui un 2T est plus creux a bas régime (et encore quand il est bridé) mais à haut régime le 4T n'a qu'a se cacher...
Lorsque on veut une moto sportive on ne se traine pas à 3000 tr/min sinon on achète un utilitaire.
C'est cette vision de la sportive (ou la moto s'adapte au pilotes et non l'inverse) que les Japonnais veulent nous faire accepter...C'est bien loin de la vrai image de la moto de sport (toute cylindrée confondue).
Lorsque l'on veut une sportive on veut une moto d'exception pas un 4T poussif...
Débridé le 4T Yamaha monte à 20/21ch (oui oui on peut...), l'Aprilia dépasse les 30ch on comprends pourquoi sur tout les points de vue le 2T est la meilleur mécanique pour une 125cc.
2 Strokes For Ever...
3 | écrit le mardi 07 avril 2009 à 01h58 par morefaya
Je vois dans les réactions précédentes les fervant fan de la RS loooool.
La comparaison est justifiée car la RS et la YZF sont les 125cc qui se démarque du lot. Je trouve que la meilleur moto du comparatif est la YZF. Équipement au top, exploitation des 15CV au max (sans pour autant pourrir le moteur sur le long terme), prix abordable pour un résultat quasi identique à la RS.
La YZF est bien vu par les médias car c'est la réalisation de l'innovation 125 en matière de routière.
Étant un ancien monteur de Aprilia RS, je confirme qu'en matière de puissance (après débridage) cette dernière est inégalée. elle est également sensible aux pannes avec les années...(pas cool)
Néanmoins je dis félicitation à YAMAHA pour avoir relevé ce défi et avoir proposé cette gamme de 125cc plus moderne...je ne regrette pas du tout le transfert RS--->YZF..
Comme il est dit dans les réactions précédente le 2T n'est pas encore mort, on peut en tiré encore des choses intéressantes. Mais le 4T fait sont arrivé dans la place avec de nombreuses pages à éditer
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