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mis en ligne le : samedi 15 août 2009

L’élève peut-il dépasser le maître ? Yamaha YBR 125 Custom contre Zongshen ZS 125 Custom

Texte : Philippe | Photos : Gwendal
Avec la ZS Custom, Zongshen fait un grand pas en avant en termes de finition et d’équipements. Cela permettra-t-il au constructeur chinois d’aller prendre des parts de marché à la Yamaha YBR Custom, référence actuelle sur le segment ? Toutes deux sont fabriquées en Chine, mais le tarif ne fait pas la différence et cela risque de ne pas servir la Zongshen.
La Yamaha YBR 125 Custom est la digne héritière de la SR, une moto mythique jugée quasi indestructible, une fiabilité qui n’a pas laissé les gros rouleurs insensibles. Signe des temps, cette machine est fabriquée en Chine, sous contrôle de qualité Yamaha. Autre signe des temps, le monocylindre qui la propulse est désormais alimenté par injection électronique, une option qui lui permettra de s’adapter sans problème aux futures normes antipollution. La Zongshen ZS est elle aussi fabriquée en Chine, pays de son constructeur, mais sa conception est bien le fruit de l’Empire du milieu, et elle est peut-être ce que l’on a vu de mieux jusqu’à présent. Les dirigeants de Zongshen, et l’importateur français SIDAM, n’avaient donc pas menti lorsqu’il y a quelques mois, ils nous ont parlé du programme Cyclone. Sigle que l’on retrouve sur la ZS, indiquant qu’elle fait partie du programme visant à relever notablement la qualité des produits Zongshen.

Sur le plan de l’équipement, jeu égal
Nos deux protagonistes sont des customs basiques proposés à des tarifs très compétitifs. Pour autant, ce ne sont pas des motos au rabais, et l’équipement qu’elles proposent n’a pas grand-chose à envier aux modèles nettement plus onéreux. Toutes deux sont pourvues de jantes à bâton au design soigné, avec un plus pour la Chinoise osant une association entre noir et chrome du meilleur effet. Au niveau des planches de bord, l’approche est différente. La Yamaha mise sur un classicisme largement éprouvé avec deux gros compteurs chromés, le tachymètre à gauche incorporant les totaliseurs kilométriques (global et partiel), et un compte-tours à droite. La jauge à essence se situe entre les deux. Sur la Zongshen, la planche de bord est plus complexe. Trois cadrans, que l’on aurait préféré plus généreusement dimensionnés pour être parfaitement lisibles, affichent les mêmes informations que sur la Japonaise, mais présente en plus un témoin de rapport engagé. La jauge, quant à elle, prend place sur le réservoir. Le reste de l’équipement est assez similaire. Sur les deux motos, on accède à la batterie par le cache latéral gauche pourvu d’une serrure. Sur la YBR, on dispose au même endroit d’une trousse à outils, absente sur la ZS. En revanche, cette dernière offre au passager éventuel un dosseret de série. Concernant le verrouillage de la direction, la Yamaha prend l’avantage puisqu’il s’effectue depuis le contacteur, alors que la Zongshen propose une serrure décalée sur la colonne. Notons aussi que chacune possède deux béquilles, avec coupe-circuit sur la latérale se déclenchant lorsque l’on passe un rapport sur la Yamaha, plus primitivement dès qu’on la déplie sur la Zongshen. Rien n’empêche toutefois de faire chauffer la ZS sur la béquille centrale. Enfin, sur l’une comme sur l’autre, on dispose d’un kick pouvant rendre de grands services en cas de panne de batterie.

Dans le détail, la ZS marque des points
Bonne surprise, pour une moto chinoise, la Zongshen arbore une esthétique sobre, avec même quelques détails particulièrement soignés. C’est le cas des clignotants, joliment intégrés à l’avant (sertis dans un tube moitié noir, moitié chromé) comme à l’arrière (en goutte d’eau encastré dans un enjoliveur chromé). Le cerclage du phare se pare d’une sorte de petit rebord sur le haut, façon casquette, bien dans l’esprit custom, et le feu arrière affiche un galbe très agréable. La ligne d’échappement retient aussi l’attention, avec une sortie biseautée très réussie. On pourra juste reprocher que la selle, bien dessinée au demeurant, reçoive des clous sur ses flans, ce qui n’était vraiment pas indispensable. Qu’importe, la ZS affiche une esthétique valorisante, en net progrès par rapport aux autres productions chinoises. À côté, la Yamaha YBR se montre plus consensuelle. Les clignotants sont de type classique, tout comme le phare, tandis que le feu arrière paraît surdimensionné et présente une forme rectangulaire peu harmonieuse. Dans l’ensemble pourtant, la Japonaise affiche une sobriété loin d’être déplaisante et l’on peut juste penser qu’un peu plus d’audace n’aurait pas nuit à son image. En effet, la seule petite touche esthétique concédée pour donner à la YBR sa légitimité sur le segment custom, ce sont deux enjoliveurs chromés situé de part et d’autre du moteur, sorte de prises d’air qui ne sont que factices.

Prise en main enfantine
Il est temps de prendre en main nos deux customs pour vérifier si leur ramage vaut leur plumage. Première constatation, les positions de conduite sont naturelles, même si elle est un poil plus typée custom sur la Zongshen. Cependant, mains gauche et droite trouvent leur position sans encombre, tout comme les pieds qui se place instinctivement en position pour gérer le sélecteur de vitesse et le frein arrière. La YBR est d’une facilité déconcertante. Elle aussi se prend en main facilement, même si on peut reprocher un manque d’espace entre le repose-pied et le sélecteur de vitesse. Stable, avec un train avant réactif mais restant toujours précis, elle se manie comme un vélo et, dans le trafic, on se régale en se dégageant des situations les plus encombrées sans peine. Cerise sur le gâteau, le confort est tout fait correct, la selle ayant une ergonomie particulièrement bien adaptée. C’est un peu moins bien sur la Zongshen. Pourtant, les suspensions effacent correctement les défauts de la route pour un custom, mais la selle est raide et les reins rapidement mis à rude épreuve. En revanche, sur le plan du comportement, elle fait jeu égal avec la Yamaha. Elle aussi est très stable et son train avant, bien posé, permet de diriger la moto avec précision. Il faut juste se méfier de la garde au sol très limitée. Les repose-pieds sont très souvent en contact avec le bitume. Cela dit, ce n’est certainement pas le genre de moto invitant à une conduite sportive, mais force est d’admettre que la YBR est de ce point de vue plus à l’aise, sa garde au sol étant nettement plus importante. Il est également bon de souligner que si la Yamaha est chaussée de pneus tubeless, la Zongshen se contente de pneus plus archaïques pourvus de chambre à air. Sur le plan du freinage, nos deux customs sont pareillement équipés, avec un disque à l’avant et un tambour à l’arrière. C’est pour le moins classique, ce qui n’empêche pas au dispositif adopté d’être efficace, tant en puissance qu’au niveau des sensations.

Des mécaniques vaillantes
En performances pures, les deux motos se valent puisque nous avons relevé au GPS une vitesse de pointe de 101 km/h pour l’une comme pour l’autre. La Yamaha profite tout de même de l’injection électronique pour offrir plus d’onctuosité dans les montées en régime (sans parler du starter automatique). Face à la Zongshen, alimentée par carburateur, mais qui ne démérite pas pour autant dans les phases d’accélération, la YBR se montre plus douce. L’une et l’autre ont une boîte de vitesse bien étagée qui n’ont comme seul défaut de marquer parfois un faux point mort lorsque l’on passe de la première à la seconde. La bonne surprise vient de l’absence de vibrations gênantes à hauts régimes. Les monocylindres, surtout chinois, ont une fâcheuse tendance à vous mettre des fourmis dans les jambes lorsque l’on monte dans les tours. La Zongshen fait exception à la règle, tout comme la Yamaha dont les vibrations restent très raisonnables. Raisonnable aussi la consommation qui n’excède pas les 3,2 litres aux 100 kilomètres avec la YBR, lui permettant ainsi une autonomie de 375 km. La ZS n’est pas très éloignée de ces valeurs avec une consommation moyenne un peu plus élevée de 3,4 litres pour 100 kilomètres, mais avec une autonomie de 397 kilomètres grâce à son réservoir de 13,5 litres. Au quotidien, ces motos se montrent donc très économiques et peuvent faire descendre de façon significative le coût des trajets urbains.

Lien vers essai solo
Yamaha YBR Custom + video
Zongshen ZS125 Custom
Conclusion
Zongshen passe un cap avec cette ZS custom. Les Chinois semblent commencer à prendre en considération la qualité de fabrication, les performances et le comportement de leurs motos. Certes, les Japonais ont toujours une belle longueur d’avance, comme en témoigne l’adoption de l’injection électronique et une finition irréprochable sur la YBR. Cependant, vendu 110 euros de moins, la Zongshen ne manque pas d’arguments. Comportement et performances se rapprochent au plus près de ce que propose la Yamaha pour un tarif restant compétitif. Reste que Yamaha jouit d’une notoriété nettement plus valorisante en France que Zongshen. Le succès de la ZS devrait donc être sensiblement influencé par une question d’image.
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