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Essai
mis en ligne le : samedi 13 mars 2010

Victory Hammer S

Victory Hammer S 2010 : Le V de la Victoire

Texte : David de Mars | Photos : Didier | Vidéo : DMV Com
Garantie et Prix
- 2 ans pièces et M.O, km illimité
- 16490 €
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Fiche technique
Moteur : bicylindre 4T, refroidi par air et huile, simple ACT, 8 soupapes
Cylindrée : 101 x 108 = 1731 cm3
Puissance maxi : 89 ch à 4950 tr/mn
Couple : 140 nm à 2500 tr/mn
Mise en route : démarreur électrique
Alimentation : injection 1 injecteur par cylindre
Embrayage : en bain d'huile
Boîte : 6 rapports
Cadre : simple berceau dédoublé en acier
Suspension av. : fourche inversée à cartouche ø , déb. 130 mm
Suspension ar. : mono-amortisseur réglable, déb. 100 mm
Frein av. : 2 disques ø 300 mm, étrier 4 pistons
Frein ar. : 1 disque ø 300 mm, étrier double piston
Pneu av. : 130/70-18; ar. : 250/40-18
Réservoir essence : 17 litres
Longueur : 2366 mm
Hauteur de selle : 673 mm
Poids à sec : 303 kg
Equipement de série
Coupe-contact
Blocage de direction
Feux de détresse
Appel de phare
Garde aux leviers réglable
Compte-tours analogique
Témoin de passage en réserve
Voyant de pression d'huile
Voyant d'injection
Voyant d'over-drive
Trip partiel
Béquille latérale
Repose-pieds arrière repliables
Capot de selle
Concurents
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Avec son arrivée en France prévue à l'automne, la Victory Hammer S risque bien de faire chavirer le cœur des amateurs de gros customs américains. Difficile en effet de ne pas penser à Harley Davidson lorsque l'on découvre la bête. D'ailleurs, j'entends d'ici les mauvaises langues dire de cette Victory qu'elle n'est ni plus ni moins qu'une copie inspirée des modèles issus de la firme de Milwaukee. En exclusivité pour Moto-Infos, et grâce à la gentillesse d'un particulier qui a bien voulu nous confier son Hammer S l'espace de deux journées, nous avons pu prendre les commandes de ce Power-Cruiser. Soit l'occasion idéale pour tordre le cou aux idées reçues...
Le parallèle esthétique avec la V-Rod de Harley-Davidson est bien sûr évident lorsque l'on découvre la bête pour la première fois, surtout lorsqu'on la regarde de l'arrière. Son garde-boue incorporant le feu rouge y est pour beaucoup, de même que la ligne, les proportions générales ou le double échappement latéral chromé. Pourtant, nul besoin d'être un expert ou de passer des heures à détailler l'une et l'autre pour s'apercevoir qu'elles n'ont finalement pas grand chose en commun. Mécaniquement d'abord, avec un V-Twin à 50° de 1 731 cm3 refroidi par air et huile pour le Hammer lorsqu'une V-Rod est animée par un V2 à 75° à refroidissement liquide cubant 1 130 cm3. Côté châssis ensuite, avec un mono-amortisseur et une fourche inversée pour le Hammer quand la V-Rod s'offre deux combinés arrière et une fourche classique. Et puis, comment passer à côté de l'énorme gommard arrière de 250 mm de large alors qu'une V-Rod se contente d'un « petit » boudin d'à peine 180 mm ? Enfin, l'aspect général du Hammer est plus dépouillé, moins tape à l'oeil, offrant nettement moins de chromes que sa concurrente directe. Les énervés du chiffon n'en seront que plus satisfaits. Allez, stoppons les comparaisons pour faire le tour du propriétaire et faire parler la poudre. Car la Victory Hammer S est un véritable baril de dynamite dont la mèche est directement reliée à la poignée de gaz. Miam !!!

C'est quoi, une Victory ?

Victory, c'est le département moto en pleine croissance du constructeur américain Polaris, un constructeur notamment réputé pour ses moto-neiges et ses quads. Introduite en 1999 sur le marché américain, la marque Victory s'est immédiatement faite remarquer en proposant une évolution constante de ses modèles et en offrant une grande réactivité aux demandes de ses clients. Ainsi, si le premier modèle du Hammer, apparu en 2005, souffrait de quelque critiques à propos du comportement de sa partie-cycle, surtout en termes de communication avec son pilote, la version 2010 fait bien plus que corriger le tir. Et si la machine impressionne par son gabarit, son poids et la largeur de son guidon, elle se laisse malgré tout assez facilement prendre en main. D'une part grâce à sa très faible hauteur de selle qui permet de bien tenir la moto entre les jambes. Rassurant quand on affiche plus de 300 kilos sur la balance. Ensuite parce que ses commandes sont très douces. Dotée d'un embrayage actionné par câble, celle-ci n'en demeure pas moins d'une appréciable progressivité et n'est pas trop ferme. Je connais par exemple des dispositifs hydrauliques bien plus exigeants en termes de force à appliquer au levier... Et puis il y a cette mécanique, docile à souhait, dénuée de toute vibration parasite, et dont le couple vous permet de démarrer sans ouvrir les gaz, même en seconde. Enfin, le châssis met assez rapidement en confiance, montrant très rapidement une grande rigidité, offrant un train avant vif et dont la suspension renseigne parfaitement sur l'état de la route. Petit bémol concernant le combiné arrière qui dispense un amortissement plus ferme, ce qui nuit un peu au confort global. Ceci dit, l'agrément général est très bon, et la selle bien rembourrée ne vous tannera pas le séant outre mesure. Bref, les premiers kilomètres vous incitent à faire parler la poudre, d'autant que le moteur montre une inertie quasi-nulle lorsqu'on donne des coups de gaz à l'arrêt. Ça promet, alors, faisons chauffer la gomme...

Silence, on tourne.  

Il va de soit que l'agglomération n'est pas le lieu idéal pour profiter pleinement des performances d'un tel engin. Néanmoins, le Hammer fait preuve d'une très bonne maniabilité, à condition toutefois de ne pas trop jouer à remonter les files de voitures, là où la largeur du guidon vous pénalisera. Et lorsque le premier rond-point se profile, on remarque tout de suite le seul réel défaut du Hammer, à savoir sa résistance à se mettre sur l'angle. En même temps, avec un pneumatique arrière de cette taille, on pouvait s'en douter. C'est donc avec hésitation, prudence et parcimonie (oui, tout cela à la fois) que l'on aborde les virages suivants. Jusqu'à ce que le mode d'emploi ne devienne carrément évident : le grand guidon devient alors un précieux allié et on ose le pousser franchement pour coucher l'ensemble. Et vu la largeur de la bande de gomme disponible, l'expression « collé au sol » prend alors tout son sens, au point que l'on se demande ce qui pourrait bien, à part du gas-oil, faire décrocher l'arrière de la machine. Bref, si ce n'est pas un comportement instinctif, on comprend vite que le Hammer tient bien la route, aidé par la rigidité de son châssis et par une précision de trajectoire somme toute satisfaisante. Évidemment, sa faible garde au sol vous rappellera vite à l'ordre, de même que son poids qui a tendance à vous faire un peu élargir les trajectoires. Relativisons, ou plutôt recadrons : le Hammer n'est évidemment pas fait pour chasser le chronomètre, mais force est de reconnaître qu'avec de l'anticipation, il sait très bien négocier les épingles du massif de la Sainte Baume, lieu de notre galop d'essai. Mieux, avec de l'habitude et une bonne connaissance du terrain de jeu, on en vient même à adopter une conduite franchement sportive. Et s'extraire des virages à grands coups de gaz devient alors systématique, car trop jouissif ! Il est en revanche tout aussi évident qu'il conviendra d'éviter les excès d'optimisme ou la conduite à l'improvisation. Pour vous éviter les sueurs froides, je vous recommande donc d'utiliser les freins avant le panneau « trop tard ». Cela tombe bien, car les trois disques de 300 mm ne sont pas là pour faire de la figuration. A l'avant, ils se dosent parfaitement et la puissance est bien au rendez-vous. Ceci dit, il faut savoir que le pneu arrière (encore lui) pousse copieusement l'ensemble et qu'un ralentissement vraiment efficace se fera en combinant l'utilisation des deux freins. Mais là, attention au blocage, car les deux pistons de l'étrier arrière sont vraiment très puissants et obtenir le juste dosage nécessite un petit temps d'adaptation. Ce laps de temps écoulé, on s'autorise alors de très, très gros freinages car la bête reste parfaitement en ligne durant ces manœuvres. Ouf !

Être de mauvaise Hammer

Je vous sens impatients de savoir ce que le moteur a dans les cylindres. Ça tombe bien, moi aussi. Et si un énervé en manque de concurrence vient vous chatouiller sur un 400 DA ou sur une reprise musclée, sachez que vous avez alors entre les mains l'outil pour lui rabattre le caquet. Car le Hammer S, c'est du Muscle-Car sur deux roues !!! L'absence d'inertie moteur évoquée plus haut n'est pas un leurre et le V-Twin envoie comme une bête dès 2 000 tr/min. A ce titre, sachez qu'il offre 90 % de son couple maximum dès 1 900 tr/min... Il monte férocement dans les tours, ne s'essouffle à aucun moment, et vous allonge les bras jusqu'à la zone rouge, située à 5 500 tr/min. Et c'est comme ça sur tous les rapports, si bien que l'on atteint vraiment très vite des vitesses pas raisonnables du tout. D'autant que ce n'est pas la très bonne stabilité de l'ensemble qui vous fera ralentir... Pour cela, comptez plutôt sur la prise au vent générée par la position de conduite « bras écartés » et qui, à la longue, vous donnera l'envie de passer la 6ème sur-multipliée et profiter du paysage à 130 km/h, le tout à un régime de 2 800 tr/min. On plonge alors dans une atmosphère feutrée, où le bruit du moteur s'efface totalement et où l'absence d'une quelconque vibration vous donne l'envie de prolonger le voyage à l'infini. Il faudra juste penser à ravitailler car les 17 litres du superbe réservoir d'essence ne vous permettront pas d'avaler la route 66 d'une traite. Comptez alors une moyenne de 7,5 litres de carburant pour avaler 100 kilomètres si vous jouez régulièrement de grosses accélérations, car à un rythme légal sur nationale, le Hammer se contentera d'un petit 5,5 litres.

Conclusion
Que les mauvaises langues se taisent, donc, car le Hammer S n'est absolument pas une copie de quelque machine que ce soit. Bien sûr, ses lignes et son architecture moteur désignent ouvertement la clientèle visée. D'ailleurs, ces deux propriétaires de HD croisés lors de notre essai n'ont pas manqué de faire demi-tour pour venir admirer la belle et nous poser quantité de questions. « Non, ce n'est pas une Harley Davidson », me suis-je également tué à répéter à tous les passants attirés par la beauté somptueuse de la machine. Malgré ses lignes inspirées, la Victory Hammer S possède sa propre identité, est outrageusement sexy et a su me convaincre mille fois plus que d'autres customs que j'ai pu essayer, américains ou pas. Par sa finition, son tempérament, son comportement, son confort et sa modernité, par ses courbes et, paradoxalement, par son exubérante sobriété, je suis vraiment tombé sous le charme de cette machine. Un conseil, essayez-la avant de jeter votre dévolu, vous m'en direz des nouvelles !
Finition
Look
Moteur
Freinage
Position fatigante à la longue
Suspension arrière un peu sèche
Résistance à la mise sur l'angle
Moteur :
Partie-cycle :
Esthetique :
Equipement :
10/10
8/10
10/10
6/10
Vitesse maxi :
Accélération 0-100 m :
Diamètre braquage :
Conso. moyenne :
Autonomie :
190 km/h
6,3 sec
6450 mm
7,5 l/100 km
225 km
Note Finale :   8,5/10
Réaction(s) (2)
1 | écrit le mardi 16 mars 2010 à 20h13 par paulo
vraiment une très belle machine
une belle concurrente pour hd
bon 300 kg respect
le son a l air génial
veinard d essayeur va!!
2 | écrit le jeudi 08 avril 2010 à 12h07 par Serguei
Dans le genre gros machin ''born to be wild'' Tobe hoper'' : il y a la 2000 cc Triumph......
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