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Essai
mis en ligne le : samedi 26 juin 2010

VICTORY Vision Tour

Victory Vision : pour voir la route autrement

Texte : David de Mars | Photos : Greg
Garantie et Prix
- 2 ans pièces et M.O, km illimité
- 22490 €
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Fiche technique
Moteur : bicylindre 4T, refroidi par air et huile, simple ACT, 4 soupapes
Cylindrée : 101x108 = 1731 cm3
Puissance maxi : 89 ch à NC tr/mn
Couple : 144 nm à NC tr/mn
Mise en route : démarreur électrique
Alimentation : injection 1 injecteur par cylindre
Embrayage : en bain d'huile
Boîte : 6 rapports
Cadre : Poutre en aluminium, boucle arrière en acier
Suspension av. : fourche télescopique ø , déb. 130 mm
Suspension ar. : mono-amortisseur réglable, déb. 92,7 mm
Frein av. : 2 disques ø 300 mm, étrier 3 pistons
Frein ar. : 1 disque ø 300 mm, étrier double piston
Pneu av. : 130/70-18; ar. : 180/60-16
Réservoir essence : 22,7 litres
Longueur : 2629 mm
Hauteur de selle : 622 mm
Poids à sec : 364 kg
Equipement de série
Coupe-contact
Blocage de direction au contacteur à clé
Feux de détresse
Appel de phare
Garde aux leviers réglable
Compteur et compte-tours analogique
Cadran de charge batterie
Jauge à carburant analogique
Ordinateur de bord multifonction (consommation instantanée et moyenne, température extérieure, horloge, trips... j'en oublie !)
Béquille latérale
Repose-pieds arrière repliables
Crochets d'arrimage
Régulateur de vitesse
Radio RDS à écran LCD + connexion pour lecteur MP3 et GPS
Poignées et sièges chauffants
Pare-brise électrique
Freinage couplé avec ABS
2 prises allume-cigare
Top case plus valises
...
Constructeur / Distributeur

VICTORY
POLARIS
2770 avenue de Saint Martin
74190 – Passy
Tel : 04 50 93 90 23
Fax : 04 50 93 96 14
www.polarisindustrie.com

 

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Si vous pensiez que Victory allait s'implanter en France avec un seul et unique modèle, c'était sans compter les ambitions du constructeur américain Polaris. Du cruiser façon custom, mais aussi classic ou encore en version muscle, avec l'explosif Hammer S dont l'essai est d'ores et déjà en ligne, ce ne sont pas moins de 14 modèles Victory qui, à terme, seront disponibles sur notre territoire. Totalement décalé du reste de la production, voici aujourd'hui l'essai du modèle touring de la gamme, j'ai nommé la Vision. Et autant vous le dire tout de suite, cette machine est, elle aussi, une véritable réussite...
Elle ne ressemble à aucune autre ! Tant par son esthétique, où les formes s'inspirent des belles autos américaines de la grande époque – Cadillac en tête - que par ses choix techniques - une GT motorisée par un V-twin disposé dans un cadre en aluminium et disposant d'une transmission par courroie - la Victory Vision est tout simplement incomparable. Tout d'abord, elle intimide. Il faut dire qu'avec son gabarit de paquebot, on est en droit de se demander si un passage par l'école de la Marine nationale n'est pas obligatoire pour en prendre le commandement. Très longue et très large, elle affiche aussi un poids à sec de près de 400 kilos, auquel il faudra ajouter le poids des bagages que vous installerez dans les 3 coffres (d'une contenance totale de 110 litres), plus le plein d'essence (22,7 litres), plus les 4,75 litres d'huile. Et encore, j'oublie le poids de votre passagère, mais sachez que le poids total roulant autorisé est porté à... 643 kg !!! Ensuite, elle émerveille. Sa finition est soignée, incorporant de nombreux éléments en aluminium, et son niveau d'équipement est tout simplement pléthorique. Jugez plutôt : régulateur de vitesse, pare-brise électrique, déflecteurs de vent, système audio à 4 hauts parleurs avec radio RDS, sur lequel vous pouvez brancher votre lecteur de MP3 et un GPS, ordinateur de bord, selles pilote et passager chauffantes réglables sur 2 positions, poignées chauffantes, 2 prises d'allume-cigare, top-case éclairé... Et si cet équipement d'origine vous semble encore un peu maigre, 77 autres accessoires sont disponibles au catalogue des options. De quoi donner des envies de croisière, non ? Et bien levons l'ancre...

Salle des machines

Avant d'appareiller, un petit examen technique s'impose. Comme ses soeurs, la Vision est équipée du même V-Twin de 1 731 cm3 à injection et arbres à cames en tête refroidi par air et huile. Il délivre la même puissance de 89 chevaux à 4 950 tr/min et son couple maxi, situé à 2 500 tr/min, est de 140 N.m. Notons qu'à 1 900 tr/min, on dispose déjà de 90 % de ce couple. Seule différence par rapport aux autres machines de la marque, sa boîte de vitesses tire plus court sur le sixième et dernier rapport. Ainsi, à 130 km/h, la Vision tourne à 3 000 tr/min, soit 200 tr/min de plus que sur les autres versions. S'il vous paraît insignifiant, ce dernier paramètre permet néanmoins à la Victory d'offrir des reprises dignes de ce nom et à ce petit jeu, malgré son poids, ce paquebot est loin d'être ridicule. Pour stopper cette masse, la Vision dispose d'un freinage couplé avec ABS, le couplage avant/arrière n'étant effectif que par le biais de la pédale de frein. Enfin, elle dispose d'une suspension arrière pneumatique dont le réglage de la précontrainte est accessible depuis la valise arrière gauche. Pour ce réglage, il faudra utiliser une « pompe à vélo », les compresseurs des stations-service étant définitivement à proscrire. Dommage, ladite pompe ne fait pas partie de la dotation d'origine. En selle, on plonge dans l'univers automobile. Le tableau de bord, cerclé d'aluminium, est archi-complet et très lisible. Du moins jusqu'à 120 km/h car au-delà, les chiffres du tachymètre diminuent de taille. C'est une façon comme une autre de rappeler qu'il faut rouler à des vitesses raisonnables... Sur le réservoir, la console centrale en aluminium accueille l'afficheur digital de la radio et ses commandes ainsi que les interrupteurs des feux de détresse et de poignées chauffantes. On trouve à gauche de cette console un petit coffre où se situe la prise pour le lecteur MP3 et l'allume-cigare et, à droite, la trappe d'accès au bouchon de réservoir. Bien vu, la trappe de gauche se verrouille dès que l'on bloque la direction de la moto tandis qu'il faut actionner la clé de contact pour accéder à la trappe à essence. Pour finir, le commodo gauche propose le réglage du pare-brise ainsi que des commandes déportées pour la radio, tandis que son homologue de droite fournit les différentes fonctions du régulateur de vitesse. Notons que tous ces interrupteurs sont suffisamment éloignés les uns des autres pour être manipulés aisément même avec de gros gants. Par ailleurs, l'interrupteur du régulateur de vitesse s'éclaire dès qu'il est enclenché. Bien sûr, une simple action sur l'accélérateur, sur les freins ou sur l'embrayage le mettront hors service. Le tour du propriétaire étant fait, il est temps de se caler dans le fauteuil « club » du conducteur, de brancher le MP3 et de faire chauffer mécanique, siège et poignées. En fait, j'avoue être perplexe quant à la vélocité de l'ensemble et je retarde donc au maximum le moment de passer la première en scannant les radios FM disponibles sur l'île de Palma de Majorque, lieu de notre essai. Les premiers tours de roue vont pourtant mettre en évidence les incroyables qualités dynamiques de ce véritable vaisseau des routes...

Le silence est d'or...  

La sonorité de la mécanique pourra en décevoir certains tant le bruit de l'échappement est feutré, pour ne pas dire insipide. Ce n'est pas très valorisant si l'on compare cette bande son à celle qu'offre le 6-cylindres d'une GoldWing ou le « po-to-pom » caractéristique  d'une Electra Glide. Au point que l'on se demande même s'il y a effectivement un gros V-Twin dans les entrailles de la bête. Mais peut-être les ingénieurs ont-ils pensé à tous ceux qui préfèrent profiter du voyage dans le plus grand des silences ou en écoutant leur musique préférée. Pour celle-ci, sachez que le volume augmentera automatiquement en fonction de votre vitesse et restera audible jusqu'à 120 km/h. Quant au silence, il n'est pas absolu car terni par quelques vibrations et résonances des différents éléments de carénage. Rien de rédhibitoire dans l'absolu, d'autant que ces vibrations ne sont présentes que lors des fortes accélérations, à vitesse constante, tout rentre dans l'ordre. La position de conduite place le séant du pilote à 673 mm du sol, de sorte que même les petits gabarits auront les pieds bien à plat au sol. Tant mieux, car la machine à tendance à vous embarquer d'un côté ou de l'autre lors des manœuvres à très basse vitesse. Prudence donc lors des demi-tours, d'autant que la moto ne dispose d'une marche arrière qu’en option (environ 200 euros). Un choix étonnant lorsqu'on sait que ce système a été monté de série sur la Vision célébrant les 10 années d'existence de la marque... Les bras attrapent naturellement le guidon tandis que les larges marchepieds sont réglables en longueur sur trois positions. Bref, il faudrait vraiment être difficile pour critiquer la position de conduite et le confort façon Pullman qu'elle offre. Et mis à part l'appréhension de la prise en main, on soupçonne sans mal que le voyage va s'effectuer en première classe. Ne manquerait plus qu'une hôtesse apparaisse pour m'offrir une coupe de champagne, tiens...

Vedette ou paquebot ?  

Assez fantasmé, d'autant que la consommation d'alcool n'est évidemment pas recommandée avant de prendre le guidon. Surtout lorsqu'il s'agit de mettre pareil navire en action ! L'embrayage, qui mixe ici une commande hydraulique actionnant un câble (système disponible sur tous les modèles de la marque) se montre très doux et progressif. « Klong » ! Je reconnais bien là la boîte de vitesses de la marque... Bruyante, elle est néanmoins précise, bien étagée et s'accommode même du passage des rapports à la volée. C’est parti ! Et là, la surprise est de taille, au moins équivalente au gabarit de la Vision. Dès 5 km/h, le poids de la machine s'efface, laissant place à une maniabilité et à une vivacité insoupçonnées. Un véritable tour de force de la part des ingénieurs de la marque, surtout si l'on considère que cette Vision est née en 2007 et qu'elle constitue leur toute première interprétation du monde GT ! Du coup, l'appréhension cède sa place aux multiples plaisirs qu'offrent la conduite d'un deux-roues, le confort du suréquipement en prime ! Et ma conduite va se moduler au rythme de la musique qui se déverse des haut-parleurs. Un petit blues et me voilà à cruiser à 80 km/h au régulateur, bulle remontée au maximum, poignées et selles chauffantes en action. Les seules vibrations sont alors celles de mes cordes vocales lorsqu'elles reprennent les paroles de la chanson car le moteur, comme sur le Hammer, est totalement dénué de tremblements néfastes. Je ne constate qu'une légère poussée dans le dos générée par les remous aérodynamiques que m'envoie le pare-brise. Qu'à cela ne tienne, il suffit de modifier légèrement la hauteur de la bulle d'un simple coup de pouce sur l'interrupteur correspondant. La route que j'emprunte n'offre pas le meilleur des revêtements, loin de là, mais les suspensions savent gommer à la perfection tous les trous, bosses et autres raccords de goudron. Bref, je prends un pied d'enfer, je n'ai pas envie de m'arrêter et, lorsque notre groupe stoppe pour discuter des qualités et défauts de telle ou telle machine (lors de cet essai, nous avons pu prendre en main plusieurs modèles de la marque), je ne cède qu'à regret les clés de la Vision et m'empresse de les récupérer à l'arrêt suivant. C'est simple, aux commandes de cette moto, les étapes semblent toujours trop courtes... Ha, la sono m'envoie à présent un pur morceau de hard rock. C'est fou ce qu'une musique peut modifier le comportement, car me voilà à présent en train de tordre la poignée droite. Vlan, le compteur affiche déjà « à fond », soit environ 180 km/h. Et le solo diabolique du guitariste ne m'incite pas à rendre la main dans cette grande courbe autoroutière, et ce, même si le bruit du vent prend le dessus sur le volume sonore, lui aussi à fond. Pas de problème, la Vision tient son cap sans broncher et se dandine à peine. Là encore, rien d'affolant. Décidément, cette moto est vraiment épatante à plus d'un égard. Reste à voir comment les freins vont s'en sortir pour ralentir la machine lancée à pleine vitesse. J'écrase la pédale... L'effet « intégral » se fait bien sentir, la répartition de la force de freinage entre l'avant et l'arrière est bien gérée, l'ABS entre plusieurs fois en action et la moto reste parfaitement stable. Cela dit, la puissance de ralentissement, bien que copieuse, reste inférieure à ses concurrentes. Une raison de plus de profiter des qualités de la machine à des allures plus raisonnables. C'est un peu dommage car une fois sur route sinueuse, la Vision s'accommode aussi d'une conduite « sportive », passant aisément d'un angle à l'autre, se laissant guider du regard et profitant d'une garde au sol suffisante pour que les marchepieds ne viennent jamais racler le sol. Précise lorsqu'on l'inscrit en virage, elle bénéficie même d'une tenue de route au-dessus de tous soupçons. Cela en devient vraiment incroyable lorsqu'on s'arrête et que l'on prend une fois de plus conscience du gabarit et du poids de l'ensemble. Bluffant... Car au final, cette moto ressemble à un paquebot, mais offre le comportement d'une vedette. Encore une fois, bravo à Victory et ses ingénieurs pour le parfait équilibre que vous avez su insuffler à votre Vision.

Conclusion
Le moins que l'on puisse dire à propos de cette Victory Vision est qu'elle est, pour une moto aussi « jeune », superbement aboutie. Très bien équilibrée, sachant se laisser mener par le plus frêle des pilotes et capable d'effacer d'un simple coup de gaz les plus longues distances tant elle se montre agréable, confortable et intuitive à piloter, on pinaille pour lui trouver des défauts. Et ceux-là sont, encore une fois, inhérents à sa récente conception. Par exemple, si la capacité d'emport totale est impressionnante, les valises latérales sont, à cause de leur forme, peu logeables. De même, on comprend mal pourquoi la marche arrière n'est pas proposée en série. Quant à jeter son dévolu sur la Vision, tout ne sera que question de goût. Ainsi, son look décalé et le côté clinquant de sa finition sauront-ils séduire le motard français ? Possible, si l'on considère son tarif, nettement en deçà de la concurrence. Car à environ 23 000 euros, peu (aucune ?) de machines sont capables d'en offrir autant... A méditer !
Agrément de conduite
Equipement pléthorique
Châssis / équilibre général
Prise en main rapide
Sonorité moteur peu valorisante
Vibrations de quelques éléments de carrosserie
Manœuvres à l'arrêt
Marche arrière en option
Moteur :
Partie-cycle :
Esthetique :
Equipement :
8/10
8/10
10/10
10/10
Vitesse maxi :
Accélération 0-100 m :
Diamètre braquage :
Conso. moyenne :
Autonomie :
NM km/h
NM sec
NM mm
NM l/100 km
NM km
Note Finale :   9/10
Réaction(s) (1)
1 | écrit le vendredi 18 mars 2011 à 01h33 par BATMAN
Voilà; j'ai pris possession du NIMITZ, que du bonheur . Aprés 1 BM 1200 CL et 2 K12 LT fl , j'ai tout simplement craqué sur LA Vision Tour. Il est vrai que la sonorité moteur n'est pas top tant qu'on ne monte pas dans les tours (et je suis en rodage) mais il y a moyen de voir du côté des pots . Pour les vibrations, c'est un V twin, donc, assez normal . manoeuvres à l'arrêt? marche arrière inutile(je sais de quoi je parle , venant des panzers BM ) LA Vision Tour m'a séduit de par son aspect et quand j'ai roulé avec , houlla laaaaa , elle m'a achevé. Une vraie reussite.
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