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Essai
mis en ligne le : samedi 24 juillet 2010

HARLEY-DAVIDSON Sportster Forty-Eight

Néo-rétro à l'américaine

Texte : Charles
Garantie et Prix
- 2 ans pièces et M.O
- 10 595 €
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Fiche technique
Moteur : bicylindre 4T, refroidi par air, culbutée
Cylindrée : 88,8 x 96,8 = 1200 cm3
Puissance maxi : 70 ch à 6 000 tr/mn
Couple : 98 nm à 3 200 tr/mn
Mise en route : démarreur électrique
Alimentation : injection 1 injecteur par cylindre
Embrayage : en bain d'huile
Boîte : 5 rapports
Cadre : double berceau acier
Suspension av. : fourche télescopique ø , déb. 117 mm
Suspension ar. : 2 amortisseurs réglables, déb. 104 mm
Frein av. : 1 disque ø 292 mm, étrier double piston
Frein ar. : 1 disque ø 292 mm, étrier simple piston
Pneu av. : 150/90x19; ar. : 150/80x16
Réservoir essence : 7,95 litres
Longueur : 2320 mm
Hauteur de selle : 710 mm
Poids à sec : 251 kg
Equipement de série
Démarreur électrique
Neiman à la colonne
Alarme intuitive « Smart Security System »
Appel de phare
Warning
Tachymètre
2 trips partiels
Voyant neutral
Voyant d’huile
Voyant de réserve
Amortisseurs arrière réglables en précharge (2 pos.)
Ensemble feux arrière/clignos/feux stop : tout en un
Bouchon d’huile avec jauge
Options
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Constructeur / Distributeur
HARLEY-DAVIDSON
Harley-France
Europarc
19 rue Eugène Dupuis
94043- Creteil Cdx
Tel : 01 58 43 12 00
Fax : 01 58 43 12 28
www.harley-davidson.fr

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Après des années de préparations particulièrement hautes en couleurs, de nombreux "custom-builders" ont pris fait et cause pour un retour aux motos dépouillées, pour un retour aux sources. A la recherche de leurs racines, ils se sont inspirés des Harley-Davidson déclassées par l'US Army dans les années 50 et 60 puis modifiées par leurs jeunes propriétaires soucieux de les alléger au maximum. Dans le sillage de la vague low-rider, cet esprit Café-Racer sauce barbecue a donné naissance aux bobbers du 21ème siècle. Harley-Davidson est passée maître dans l'art de populariser les tendances à la mode chez les artisans, de les rendre "mainstream". La tendance bobber n'échappe pas à la règle. En toute logique, on voit donc apparaître cette année la Forty-Eight dans la gamme Sportster, aux côtés des 883 Iron et 1200 Nightster. Avant tout destinée à rajeunir sa clientèle locale et à soutenir le développement commercial en Europe, ce nouveau 1200 n'est-il qu'un coup marketing ? Simple animation de gamme ou véritable élargissement ? Voici notre avis à l'essai.
Les premières photos diffusées par Harley-Davidson nous avaient déjà permis de nous faire une idée sur cette nouveauté 2010 depuis quelques mois. Mais le premier contact réel avec le Sportster Forty-Eight vient encore renforcer l'impression de sobriété qui s'en dégage.

Simplicité rétro

Le traitement noir de la partie-cycle et de l'habillage à l'exception du réservoir, les lignes simples et pures et un accastillage réduit au minimum offre un écrin de choix au bicylindre en V de 1200 cm3 assemblé aux Etats-Unis. Il est identique à celui de la Nightster. Les amateurs de mécaniques "à l'ancienne" se délecteront donc toujours de ses volumes généreux, de ses tiges de culbuteurs et de son filtre à air latéral ovoïde. Seul son démarrage à la première pression sur le bouton du démarreur vous rappelle qu'il n'en possède pas moins une très moderne alimentation par injection électronique. Vibrant ostensiblement au ralenti à un rythme bien particulier, on profite déjà de la signature sonore de la marque américaine. Juste avant de concentrer notre attention sur le plumage, je me dit qu'un tel ramage devrait pouvoir me jouer une partition bien plus savoureuse que la froide analyse de la fiche technique ne le laisserait supposer. 70 ch maximum et 251 kg à sec…

Et de toute évidence, l'intérêt est ailleurs. Il suffit de s'assoir sur la selle posée à seulement 710 mm du plancher des vaches, d'aller chatouiller les commandes avancées du bout des pieds et de poser les mains sur le large guidon noir satiné pour comprendre que cette Harley fait appel à vos sens. En commençant par la vue. De loin, le petit réservoir de 7,95 l "Peanut" et l'assise pour égoïste dégage totalement la ligne générale : un gros moteur dans un cadre simple et deux roues, c'est la moto dans toute sa pureté. En y regardant de plus près, il y a pourtant quelques vraies fausses notes dans le choix des caches en plastique censés masquer le circuit électrique ou l'absence de serrure sur le bouchon de réservoir.

Mais une fois installé, tout semble à sa place et l'ensemble est harmonieux : les courbes douces et le traitement de matière des différents éléments évoquent à la fois la solidité et la simplicité. Ici pas de superflu, pas d'ostentation. Quand elle est présente, l'électronique se met au service du design épuré, à l'image de l'instrumentation qui ne distille que les informations de base. L'absence de compte-tours suggère clairement une conduite à l'oreille.

Efficacité 2.0

Clong ! La première s'enclenche, avec précision, dans un claquement très agricole. Pas de doute, votre nerf auditif ne va pas faire la sieste. En relâchant la commande d'embrayage précise, la Forty-Eight décolle promptement dans un grondement évocateur. Même s'il ne fait aucun doute qu'une paire de silencieux qui le seraient un peu moins lui permettrait sans doute de s'exprimer pleinement, ce Sportster possède encore la touche Harley authentique. L'avantage étant de voir les passant(e)s se retourner avec le sourire plutôt qu'avec une grimace. C'est la frime sans les nuisances. La liberté des uns…

En attendant, la ville s'appréhende avec aisance compte-tenu de la cylindrée et du poids. Le centre de gravité, au ras des pavés, et l'étonnante souplesse du moteur sont de fidèles alliés pour arpenter les avenues, sourire aux lèvres. Certes, le pneu avant, aussi large que son homologue arrière offre un peu plus d'inertie que les montes habituelles mais le phénomène est bien moins sensible que prévu. Là où un custom doté d'une jante de 21 pouces et d'une fourche longue joue les éléphants dans un magasin de porcelaines, notre 1200 montre plutôt un comportement original en entrée de courbe, comme si vous rouliez sur une chaussée arrondie. Evidemment, le rayon de braquage façon USS Kennedy et la largeur du guidon limitent la vivacité dans les ruelles et il faut faire preuve de patience pour manœuvrer à l'arrêt dans les endroits exigus.

Et, en abordant un des inévitables ralentissements de la région parisienne, je me cramponne au guidon, anticipant un bras de fer avec mon quintal d'acier du jour. Et bien non, quelques mètres après, j'applaudis des deux mains les étonnants rétroviseurs installés sous le guidon. Efficaces, sauf à certains régimes où ils vibrent un peu trop, ils permettent de remonter les files sans collectionner ceux des autos. Stable et suffisamment précise, ma monture survole l'exercice comparé à bien des customs. Mais, comme eux, en cas de surprise, mieux vaudra soigner le dosage du freinage en insistant sur l'arrière. La puissance de l'unique disque de 292 mm et de l'étrier 2 pistons installés à l'avant se montrent juste suffisante. Mais le même système est monté sur la roue arrière. Sur ce point la conception américaine diffère notablement des autres standards. De plus, avec mon mètre soixante-douze, je me dis alors qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour que les commandes aux pieds soient trop avancées pour offrir un agrément satisfaisant.



La route, live

Par acquis de conscience, j'efface rapidement une portion d'autoroute pour constater sans surprise que ce n'est pas le terrain de jeu du Sportster. Le potentiel dynamique n'est pas en cause mais l'ergonomie sans concession et la protection inexistante sont autant d'appels à prendre la tangente. Je vous le concède, l'état de la chaussée plutôt malmenée par les rigueurs de l'hiver passé me fait immédiatement regretter le bitume "peau de pêche" des voies rapides. Les amortisseurs courts présentent un débattement ridicule et la jolie selle solo n'arrange rien à l'affaire malgré son profil galbé. A méditer si vous avez les lombaires capricieuses.

Toutefois le comportement dynamique est sain et le plaisir immédiat même si la garde au sol limitée à une petite dizaine de centimètres vous incitera à soigner vos trajectoires pour ne pas usiner vos repose-pieds. Evoluant sur les intermédiaires, le v-twin de Milwaukee distille juste ce qu'il faut de bonnes vibrations entre 50 km/h et 110 km/h. Au-delà enclenchez le cinquième et dernier rapport pour cruiser en limitant la consommation. Assis au plus près du sol, les sensations prennent le pas sur la performance. En défilant format 16/9, la route vous raconte une histoire.

La vitesse et le temps n'ont plus d'importance. Tant mieux d'ailleurs car si vous aviez prévu de traverser la France au pas de charge, l'autonomie ridicule du Sportster Forty-Eight vous imposera son rythme. 7,95 l annoncés et une consommation moyenne dépassant les 6 l/100 km en restant gentil, la messe est dite. A cela se rajoutent les inévitables rencontres provoquées par cet électro-aimant sur roues. Bref, vous ne roulez pas, vous vivez…
Conclusion
Rendue exclusive par son ergonomie, son confort et son autonomie, la Forty-Eight en devient furieusement attachante. Véritable synthèse des valeurs Harley-Davidson, elle s'adresse clairement à des motards hédonistes entre 30 et 50 ans. Ultra-lookée, définitivement tendance et rigoureusement irrationnelle, elle pourrait bien leur être totalement indispensable. Incarnation originale de l'esprit néo-rétro, elle est aussi un pur rejeton du groupe américain, au caractère soigneusement "marketé" pour faire vibrer la corde sensible des amateurs de mécaniques vivantes, un caractère un peu brut de fonderie sans les aléas de l'artisanat. Cette authenticité grand public portée par un tarif étudié justifie pleinement l'existence de ce nouvel avatar de la gamme Sportster et dote Harley-Davidson d'une arme affûtée pour poursuivre son opération séduction sur notre marché. Vous allez adorer ou bien détester mais le bobber Forty-Eight ne vous laissera pas indifférent. Et ça, c'est déjà une réussite.
Look
Sensations
Valorisation de l'égo / prix
Détails de finition
Usage quotidien compliqué
Moteur :
Partie-cycle :
Esthetique :
Equipement :
8/10
8/10
9/10
7/10
Vitesse maxi :
Accélération 0-100 m :
Diamètre braquage :
Conso. moyenne :
Autonomie :
180 km/h
nc
5360 mm
6,6 l/100 km
120 km
Note Finale :   8/10
Réaction(s) (6)
1 | écrit le lundi 26 juillet 2010 à 09h46 par Renato
Dire que c'est pour les motards de 30 à 50 ans est un peu réducteur non ? J'approche des 62 printemps et je viens de commander au Père-Noël (qui lui aussi est un peu un vieux con!) une ducati streetfighter. Les bobbers j'adore et si c'était pas mon mètre 85 difficile à caser sur un sportster je me serais peut-être laisser tenter un jour ...!
2 | écrit le lundi 26 juillet 2010 à 11h19 par Redaction
Bonjour,

Par cette conclusion, j'ai surtout souhaité esquisser la clientèle principale de cette machine à l'ergonomie plutôt exclusive. Et même si ça ne paraît pas évident à première vue, la position de conduite définie par les commandes avancées et la selle basse se montre plus exigeante que celle, sportive, d'une Ducati Streetfighter. D'autant que l'amortisseur de cette dernière travaille sur une course plus importante que les combinés de l'Américaine.

Bonne route au guidon de votre roadster ! Mais prenez tout de même quelques instants celui de la Forty-Eight. Votre 1,85m pourrait bien s'y trouver tout à fait à son aise

Charles
3 | écrit le lundi 26 juillet 2010 à 17h37 par Renato
OK ! Bien sûr ma réaction c'était pour sourire ! C'est vrai que mes vertèbres souffriraient plus sur le 48 que sur le combattant des rues ! Et il est vrai que le nom de ce dernier est très ridicule ..!
J'ai revendu une BUELL M2 récemment. Je l'adorais mais, comme sur le sportster, j'étais comme le crapaud sur une boite d'allumette ..!
Le principal c'est de prendre son pied ! Et j'attend le prochain chopper de DUCATI en 2011...
4 | écrit le lundi 26 juillet 2010 à 22h02 par Guillaume
Je réagis au commentaire de Renato concernant sa grande taille. J'ai moi-même souffert il y a qelques années sur mon Sportster 883R à commandes centrales avec mon 1m84.. et j'ai été bluffé de l'aisance apportée par les commandes reculées du Sportster 48', un Sportst' pour les grands !
5 | écrit le mardi 27 juillet 2010 à 19h52 par Renato
Et bien ça fait saliver ... un jour prochain j'essaierai ce 48 !
6 | écrit le lundi 08 août 2011 à 11h05 par da58
Je possede actuellement une ducati monster 1100 S et la 48 me fait de plus en plus envie... Je vais voir si le cons. Harley a perpignan en a une a essayer. Je la trouve vraiment splendide ...en statique a voir en dynamique.
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