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Essai
mis en ligne le : vendredi 29 juillet 2011

Triumph Thunderbird Storm

Triumph Thunderbird Storm : Avis de tempête !

Texte : David de Mars | Photos : Didier | Vidéo : David Vincent
Garantie et Prix
- 2 ans, pièces et MO
- 16390 €
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Fiche technique
Moteur : bicylindre 4T, refroidi par eau, double ACT, 4 soupapes
Cylindrée : 107.1 x 94.3 = 1 699 cm3
Puissance maxi : 98 ch à 5 200 tr/mn
Couple : 156 nm à 2 950 tr/mn
Mise en route : démarreur électrique
Alimentation : Injection
Embrayage : en bain d'huile
Boîte : 6 vitesses
Cadre : double berceau en acier
Suspension av. : fourche téléscopique ø47 , déb. 120 mm
Suspension ar. : double amortisseurs, déb. 96 mm
Frein av. : double disque ø 310 mm, 4 pistons
Frein ar. : simple disque ø 310 mm, double piston
Pneu av. : 120/70/19; ar. : 200/50/17
Réservoir essence : 22 litres
Longueur : 2 340 mm
Hauteur de selle : 700 mm
Poids à sec : kg
Equipement de série
ABS
Coupe-contact
Voyant feux de route
Voyant neutral
Voyants clignotants gauche et droite
Voyant de passage en réserve
Voyant ABS
Voyant injection
Voyant de température moteur
Compte-tours analogique
Compteur analogique
Jauge à carburant
Autonomie
Trip total et partiel
Heure
Béquille latérale
Repose-pieds passager repliables
Constructeur / Distributeur
TRIUMPH
Triumph SAS
19 bd Georges Bidault
Croissy-Beaubourg
77437 - Marne La vallée Cdx 2
Tel : 01 64 62 38 38
Fax : 01 64 80 58 28
www.triumph.co.uk

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Le custom « pépère », c'est dépassé ! C'est en tout cas ce que l'on est tenté de croire à en juger par la prolifération des « power cruisers ». Et si les constructeurs ont quelque peu tardé à emboîter le pas de l'instigatrice du genre (la Harley Davidson V-Rod), la mode fait désormais rage : Victory 1700 Hammer S, Yamaha 1700 V-Max, Ducati 1200 Diavel... Les exemples ne manquent plus. Bref, un custom, enfin, un cruiser, il faut maintenant que ça pousse, que ça arrache, que ça allonge les bras ! Triumph l'a bien compris en revoyant sa Thunderbird. Du coup, elle devient Storm. Attention, avis de tempête !

Certes, la ligne de la T-Bird 1700 Storm diffère finalement peu de celle de la T-Bird 1600. La simple optique a été remplacée par deux feux ronds façon Speed Triple (l'ancienne, pas la nouvelle), les chromes se font plus rares et sont remplacés par du noir (parce que le noir fait peur ?), le guidon cintré est remplacé par un modèle T-Bar et un gros logo « Storm », surmonté d'un « oiseau du tonnerre » qui prend place sur le carter moteur de gauche. C'est peu, mais la machine prend effectivement une tout autre allure. Le noir, ça mincit, et la Storm semble en effet plus « légère ». Cela dit, il y a quand même près de 340 kilos d'acier sur la balance...

C'est les watts !

Mais alors, si le look change si peu, comment Triumph compte s'y prendre pour booster les ventes de sa nouvelle Storm ? La réponse se situe là où elle ne se voit pas, c'est-à-dire dans les entrailles de l'oiseau. Virez donc les pistons ne faisant « que » 103,8 mm de diamètre et remplacez-les par des éléments de 107 mm. Ne touchez pas à la course (94,3 mm), ce qui entraînerait beaucoup trop de modifications, et vous obtenez désormais, à un centimètre cube près, un moteur de 1,7 litres de cylindrée. Résultat, la puissance passe de 86 à 98 chevaux et le couple de 146 à 156 N.m. Soit respectivement 13,95 % de puissance et 6,84 % de couple en plus. Notez enfin que le couple maxi est obtenu à un régime légèrement supérieur (2 950 au lieu de 2 750 tr/min sur la 1600), de même pour la puissance, à 5 200 tr/min au lieu de 4 850 tr/min. Vous l'avez compris, la grosse différence entre ces deux machines, c'est les watts ! Et effectivement, ça change tout puisque le paisible volatile devient un vrai rapace capable de fondre sur ses proies. Enfin, plutôt sur ses concurrentes directes.

Rase-mottes

C'est avec les fesses au ras du bitume que l'on s'installe aux commandes de la Storm. Une faible hauteur de selle est toujours très appréciable lorsqu'il s'agit de manœuvrer pareil engin à l'arrêt. Et de fait, on se sort sans trop de mal de l'exercice. Côté ergonomie, on est certes dans l'univers du custom, mais les jambes ne sont pas si avancées que cela. Tant mieux car dans bien des cas, la conduite « pieds au niveau de l'axe de roue avant » s’avère vite fatigante. Là, ce sont plutôt les bras, écartés pour attraper les commandes, qui risquent de souffrir à la longue. D'ailleurs, on regrette que ni le levier de frein ni celui de l'embrayage ne soient réglables, ces derniers étant assez éloignés du guidon. En revanche, ce grand guidon est un précieux allié question maniabilité et il faut bien reconnaître qu'en quelques minutes d'évolution urbaine, on arrive à se faufiler assez facilement. Pour ça, la faible hauteur du centre de gravité et la souplesse de la mécanique sont tout autant appréciables. Mais la Storm, bien sûr, préfère les grands espaces. D'ailleurs, dès qu'une belle ligne droite se profile, on a du mal à s'empêcher de tourner les gaz à fond...

Tonnerre de Brest ! Enfin, d'Hinckley...

Déjà, rien que donner quelques coups de gaz à vide donne un aperçu du potentiel mécanique. Le twin parallèle monte en effet très vite dans les tours et sa sonorité bien grave, mâtinée de quelques pétarades, donne donc très vite l'envie de jouer les capitaines Hard Rock. Du coup, la balade -pourtant parfaitement envisageable - prend vite des allures de run. C'est simple, entre 2 000 et 5 000 tr/min, la Storm vous catapulte. Et puis, quelle allonge, même sur le dernier rapport !  Le couple déferle ainsi par grosses rasades et nous ne saurions d'ailleurs que trop vous recommander de vous en méfier sur sol humide où les pertes d'adhérence seront systématiques si vous ouvrez en grand. D'ailleurs, il est étonnant que sur une machine équipée de série de l'ABS, Triumph n'ait pas pensé à utiliser les mêmes capteurs pour gérer un anti-patinage. Cela dit, sur sol bien sec, c'est « banane sous le casque » assurée entre chaque virage. Oubliez donc le caractère trop policé de la 1600, la 1700 Storm en est à des années « éclairs ».

Pachyderme que ça !

Les virages vous arrivent donc très vite à la figure si vous sollicitez le bouilleur. Heureusement, le frein avant s'en sort plus qu'honorablement pour stopper l'imposante  masse. En revanche, on aurait aimé un ralentissement plus puissant sur le frein arrière, lequel est souvent privilégié à l'usage sur ce type de machine. Là, il est presque timide, ce qui est paradoxal si l'on considère que l'ABS y entre très vite en action. Enfin, voilà le moment de prendre ce virage. Suspendue assez fermement et aidée par son grand guidon, la Storm ne demande finalement que peu d'efforts pour l'inscrire en virage. Bien sûr, vos ardeurs seront vite tempérées par la faible garde au sol, mais celle-ci est néanmoins suffisante pour, par exemple, ne pas avoir à négocier les ronds-points en marche arrière. La tenue de cap est bonne, mais l'imposant pneu arrière et, une fois encore, le poids de l'oiseau, ont tendance à faire élargir la trajectoire. S'il n'est écrit nulle part que la Storm soit une sportive, elle n'amuse pas pour autant le terrain et permet même de bien s'amuser. Une conduite musclée dont s'accommode d'ailleurs très bien la boîte de vitesses, les rapports s'enchaînant parfaitement grâce à une commande très douce et à un verrouillage des plus précis. Quant à la transmission par courroie, c'est évidemment douceur et absence d'à-coups, sans même parler de la fréquence réduite d'entretien et de la propreté permanente de la roue arrière. 

Plus Power que Cruiser

Une fois revenu à allure plus calme, on aurait en revanche apprécié un confort plus prononcé. Déjà que les suspensions ne font pas spécialement dans le moelleux, la selle du pilote n'offre pas non plus le meilleur des rembourrages. On n'est pas non plus assis sur un sac rempli de noyaux de pêches, mais quand même, quelques centimètres de mousse en rab n'auraient pas été de refus. Et je ne parle même pas du strapontin dédié au passager, lequel refusera certainement les parcours supérieurs à 20 bornes. Dommage que l'aspect confort ait été quelque peu négligé, faisant de cette Storm une machine à accélérer plus qu'un engin dédié à la balade. De plus, quelques détails agacent à ce niveau de tarif, comme l'absence d'appel de phare ou de feux de détresse, ou encore le bouchon d'essence qui ne ferme pas à clé. A ce sujet, méfiez vous également de la jauge à essence intégrée à l'ordinateur de bord. Ainsi, alors qu'elle m'annonçait encore 140 km d'autonomie, je me suis retrouvé en panne sèche...

Conclusion
Certes, grâce à sa mécanique plus vivante, la Triumph Thunderbird 1700 Storm peut désormais revendiquer haut et fort son statut de power cruiser. Bien finie, agréable et au final assez facile à utiliser, elle doit en revanche composer avec une concurrence ultra féroce et tout aussi attractive, si ce n'est plus. Ainsi, une Victory Hammer S, plus charismatique, se négocie seulement 100 € de plus. Bien sûr, une V-Rod vous coûtera beaucoup plus, mais c'est une Harley-Davidson. Sans compter que la marque de Milwaukee propose aussi une Dyna Fat Boy pour un peu plus de 15 600 €. Enfin, il y a aussi la toute récente Ducati Diavel qui, comme vous avez pu le constater dans notre essai, est une machine aussi hallucinante technologiquement qu'au niveau des sensations qu'elle délivre. Et ce pour seulement 600 € de plus... Ok, on change alors de registre pour passer du power cruiser au muscle bike, mais cela donne quand même matière à réfléchir, non ?
Sensation moteur
Sonorité
Comportement
ABS de série
Ergonomie (pour un Power Cruiser)
Jauge d'essence fantaisiste
Confort perfectible
Pas de bouchon d'essence à clé
Pas de feux de détresse
Moteur :
Partie-cycle :
Esthetique :
Equipement :
9/10
8/10
9/10
6/10
Vitesse maxi :
Accélération 0-100 m :
Diamètre braquage :
Conso. moyenne :
Autonomie :
190 km/h
nc
nc
8 l/100 km
275 km
Note Finale :   8/10
Réaction(s) (1)
1 | écrit le jeudi 04 août 2011 à 00h45 par Fat Boy Jim
Sympathique essai pour une jolie machine que j'ai pu observer de près en concession, mais sans rouler avec.
Il manque néanmoins une concurrente de taille, oubliée dans celles citées dans l'article, à savoir la Suzuki VZR 1800 (que je roule depuis un an pour mon plus grand bonheur) : moteur plus péchu et plus coupleux, look encore plus radical et un cardan en lieu et place de la courroie (mais pas d'ABS, il est vrai...) ! Le tout pour 2.000 euros de moins que cette belle Anglaise.
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